Sa mère recommanda d’un ton languissant:
—Surtout, ne soyez pas longtemps. Nous allons, d’ailleurs, vous conduire jusqu’au passeur.
Et on partit, toujours deux par deux, la jeune fille et son ami allant devant, sur le chemin de halage. Ils entendaient, derrière eux, la marquise et Saval qui parlaient bas, très bas, très vite. Tout était noir, d’un noir épais, d’un noir d’encre. Mais le ciel fourmillant de grains de feu, semblait les semer dans la rivière, car l’eau sombre était sablée d’astres.
Les grenouilles maintenant coassaient, poussant, tout le long des berges, leurs notes roulantes et monotones.
Et d’innombrables rossignols jetaient leur chant léger dans l’air calme.
Yvette, tout à coup, demanda:
—Tiens! mais on ne marche plus, derrière nous. Où sont-ils?
Et elle appela:
—Maman!
Aucune voix ne répondit. La jeune fille reprit: