Mais il était tombé à ses genoux si brusquement qu’elle eut peur. Elle voulut se lever; il la tenait assise de force de ses deux bras enlacés à la taille, et il répétait d’une voix passionnée:

—Oui, c’est vrai que je vous aime, follement, depuis longtemps. Ne me répondez pas. Que voulez-vous, je suis fou! Je vous aime... Oh! si vous saviez, comme je vous aime!

Elle suffoquait, haletait, essayait de parler et ne pouvait prononcer un mot. Elle le repoussait de ses deux mains, l’ayant saisi aux cheveux pour empêcher l’approche de cette bouche qu’elle sentait venir vers la sienne. Et elle tournait la tête de droite à gauche et de gauche à droite, d’un mouvement rapide, en fermant les yeux pour ne plus le voir.

Il la touchait à travers sa robe, la maniait, la palpait; et elle défaillait sous cette caresse brutale et forte. Il se releva brusquement et voulut l’étreindre, mais, libre une seconde, elle s’était échappée en se rejetant en arrière, et elle fuyait maintenant de fauteuil en fauteuil.

Il jugea ridicule cette poursuite, et il se laissa tomber sur une chaise, la figure dans ses mains, en feignant des sanglots convulsifs.

Puis il se redressa, cria: «Adieu, adieu!» et il s’enfuit.

Il reprit tranquillement sa canne dans le vestibule et gagna la rue en se disant: «Cristi, je crois que ça y est.» Et il passa au télégraphe pour envoyer un petit bleu à Clotilde, lui donnant rendez-vous le lendemain.

En rentrant chez lui, à l’heure ordinaire, il dit à sa femme:

—Eh bien, as-tu tout ton monde pour ton dîner?

Elle répondit: