—Tiens! Voilà un joli couple. Il est amusant comme tout.

Georges pensait:

—Si j’avais été vraiment fort, c’est celle-là que j’aurais épousée. C’était possible, pourtant. Comment n’y ai-je pas songé? Comment me suis-je laissé aller à prendre l’autre? Quelle folie! On agit toujours trop vite, on ne réfléchit jamais assez.

Et l’envie, l’envie amère, lui tombait dans l’âme goutte à goutte, comme un fiel qui corrompait toutes ses joies, rendait odieuse son existence.

Suzanne disait:

—Oh! venez souvent, Bel-Ami, nous ferons des folies maintenant que papa est si riche. Nous nous amuserons comme des toqués.

Il répondit, suivant toujours son idée:

—Oh! vous allez vous marier maintenant. Vous épouserez quelque beau prince, un peu ruiné, et nous ne nous verrons plus guère.

Elle s’écria avec franchise:

—Oh! non, pas encore, je veux quelqu’un qui me plaise, qui me plaise beaucoup, qui me plaise tout à fait. Je suis assez riche pour deux.