Le timbre d’entrée sonna. Parent fit un bond, comme si une balle l’eût traversé. Il dit: «La voilà... qu’est-ce que je vais faire?...» Et il courut s’enfermer dans sa chambre pour avoir le temps, au moins, de s’essuyer les yeux. Mais après quelques secondes, un nouveau coup de timbre le fit encore tressaillir; puis il se rappela que Julie était partie sans que la femme de chambre fût prévenue. Donc personne n’irait ouvrir? Que faire? Il y alla.

Voici que tout d’un coup il se sentait brave, résolu, prêt pour la dissimulation et la lutte. L’effroyable secousse l’avait mûri en quelques instants. Et puis il voulait savoir; il le voulait avec une fureur de timide et une ténacité de débonnaire exaspéré.

Il tremblait cependant! Était-ce de peur? Oui... Peut-être avait-il encore peur d’elle? sait-on combien l’audace contient parfois de lâcheté fouettée?

Derrière la porte qu’il avait atteinte à pas furtifs, il s’arrêta pour écouter. Son cœur battait à coups furieux; il n’entendait que ce bruit-là: ces grands coups sourds dans sa poitrine et la voix aiguë de Georges qui criait toujours, dans le salon.

Soudain, le son du timbre éclatant sur sa tête, le secoua comme une explosion; alors il saisit la serrure, et, haletant, défaillant, il fit tourner la clef et tira le battant.

Sa femme et Limousin se tenaient debout en face de lui, sur l’escalier.

Elle dit, avec un air d’étonnement où apparaissait un peu d’irritation:

—C’est toi qui ouvres, maintenant? Où est donc Julie?

Il avait la gorge serrée, la respiration précipitée; et il s’efforçait de répondre, sans pouvoir prononcer un mot.

Elle reprit: