Puis il me quitta sans ajouter un mot.

Était-il gris? Était-il fou? Était-il sage? Je ne le sais encore. Parfois il me semble qu’il avait raison; parfois il me semble qu’il avait perdu l’esprit.

Solitude a paru dans le Gaulois du lundi 3 mars 1884.

AU BORD DU LIT.

Un grand feu flambait dans l’âtre. Sur la table japonaise, deux tasses à thé se faisaient face, tandis que la théière fumait à côté contre le sucrier flanqué du carafon de rhum.

Le comte de Sallure jeta son chapeau, ses gants et sa fourrure sur une chaise, tandis que la comtesse, débarrassée de sa sortie de bal, rajustait un peu ses cheveux devant la glace. Elle se souriait aimablement à elle-même en tapotant, du bout de ses doigts fins et luisants de bagues, les cheveux frisés des tempes. Puis elle se tourna vers son mari. Il la regardait depuis quelques secondes, et semblait hésiter comme si une pensée intime l’eût gêné.

Enfin il dit: