Elle haussa les épaules avec un infini dédain.
—Tiens, tu ne seras jamais qu’une loque, un pauvre sire, un pauvre homme sans volonté, sans fermeté, sans énergie. Ah! elle a dû t’en dire de raides, ta Julie, pour que tu te sois décidé à la mettre dehors. J’aurais voulu être là une minute, rien qu’une minute.
Ayant ouvert la porte du salon, elle courut à Georges, le releva, le serra dans ses bras en l’embrassant: «Georget, qu’est-ce que tu as, mon chat, mon mignon, mon poulet?»
Caressé par sa mère, il se tut. Elle répéta:
Il répondit, ayant vu trouble avec ses yeux d’enfant effrayé:
—C’est Zulie qu’a battu papa.
Henriette se retourna vers son mari, stupéfaite d’abord. Puis une folle envie de rire s’éveilla dans son regard, passa comme un frisson sur ses joues fines, releva sa lèvre, retroussa les ailes de ses narines, et enfin jaillit de sa bouche en une claire fusée de joie, en une cascade de gaieté, sonore et vive comme une roulade d’oiseau. Elle répétait, avec de petits cris méchants qui passaient entre ses dents blanches et déchiraient Parent ainsi que des morsures: «Ah!... ah!... ah!... ah!... elle t’a ba... ba... battu... Ah!... ah!... ah!... que c’est drôle... que c’est drôle.... Vous entendez, Limousin. Julie l’a battu... battu... Julie a battu mon mari... Ah!... ah!... ah!... que c’est drôle!...
Parent balbutiait:
—Mais non... mais non... ce n’est pas vrai... ce n’est pas vrai... C’est moi, au contraire, qui l’ai jetée dans la salle à manger, si fort qu’elle a bouleversé la table. L’enfant a mal vu. C’est moi qui l’ai battue!