Ils firent d’abord un tour sur la terrasse et admirèrent le paysage avec placidité, comme admirent les gens repus; puis ils entrèrent dans la forêt.
Parent se frottait les mains, et les suivait toujours, de loin, en se cachant pour ne point éveiller trop tôt leur attention.
Ils allaient à petits pas, prenant un bain de verdure et d’air tiède. Henriette s’appuyait au bras de Limousin et marchait, droite, à son côté, en épouse sûre et fière d’elle. Georges abattait des feuilles avec sa badine, et franchissait parfois les fossés de la route, d’un saut léger de jeune cheval ardent prêt à s’emporter dans le feuillage.
Parent, peu à peu, se rapprochait, haletant d’émotion et de fatigue; car il ne marchait plus jamais. Bientôt il les rejoignit, mais une peur l’avait saisi, une peur confuse, inexplicable, et il les devança, pour revenir sur eux et les aborder en face.
Il allait, le cœur battant, les sentant derrière lui maintenant, et il se répétait: «Allons, c’est le moment; de l’audace, de l’audace! C’est le moment.»
Il se retourna. Ils s’étaient assis, tous les trois, sur l’herbe, au pied d’un gros arbre; et ils causaient toujours.
Alors il se décida, et il revint à pas rapides. S’étant arrêté devant eux, debout au milieu du chemin, il balbutia d’une voix brève, d’une voix cassée par l’émotion:
—C’est moi! Me voici! Vous ne m’attendiez pas?
Tous trois examinaient cet homme qui leur semblait fou.
Il reprit: