Renardet disait au juge: «Comment se fait-il que ce misérable ait caché ou emporté les hardes et ait laissé ainsi le corps en plein air, en pleine vue?»
L’autre, sournois et perspicace, répondit: «Hé! hé! Une ruse peut-être? Ce crime a été commis ou par une brute ou par un madré coquin. Dans tous les cas, nous arriverons bien à le découvrir.»
Un roulement de voiture leur fit tourner la tête. C’étaient le substitut, le médecin et le greffier du tribunal qui arrivaient à leur tour. On recommença les recherches tout en causant avec animation.
Renardet dit tout à coup: «Savez-vous que je vous garde à déjeuner?»
Tout le monde accepta avec des sourires, et le juge d’instruction, trouvant qu’on s’était assez occupé, pour ce jour-là, de la petite Roque, se tourna vers le maire:
—Je peux faire porter chez vous le corps, n’est-ce pas? Vous avez bien une chambre pour me le garder jusqu’à ce soir.
L’autre se troubla, balbutiant: «Oui, non... non... A vrai dire, j’aime mieux qu’il n’entre pas chez moi... à cause... à cause de mes domestiques... qui... qui parlent déjà de revenants dans... dans ma tour, dans la tour du Renard... Vous savez... Je ne pourrais plus en garder un seul... Non... J’aime mieux ne pas l’avoir chez moi.
Le magistrat se mit à sourire: «Bon... Je vais le faire emporter tout de suite à Roüy, pour l’examen légal.» Et se tournant vers le substitut: «Je peux me servir de votre voiture, n’est-ce pas?
—Oui, parfaitement.»
Tout le monde revint vers le cadavre. La Roque maintenant, assise à côté de sa fille, lui tenait la main, et elle regardait devant elle, d’un œil vague et hébété.