Un bruit de pas me fit tourner la tête; une femme, une grande femme brune passait sur le chemin qui suit la mer en allant vers le cap.

M. Martini murmura, en faisant sonner les finales: «C’est Mme Parisse, vous savez!»

Non, je ne savais pas, mais ce nom jeté, ce nom du berger Troyen me confirma dans mon rêve.

Je dis cependant: «Qui ça, Mme Parisse?»

Il parut stupéfait que je ne connusse pas cette histoire.

J’affirmai que je ne la savais point; et je regardais la femme qui s’en allait sans nous voir, rêvant, marchant d’un pas grave et lent, comme marchaient sans doute les dames de l’antiquité. Elle devait avoir trente-cinq ans environ, et restait belle, fort belle, bien qu’un peu grasse.

Et M. Martini me conta ceci.

II

Mme Parisse, une demoiselle Combelombe, avait épousé, un an avant la guerre de 1870, M. Parisse, fonctionnaire du gouvernement. C’était alors une belle jeune fille, aussi mince et aussi gaie qu’elle était devenue forte et triste.

Elle avait accepté à regret M. Parisse, un de ces petits hommes à bedaine et à jambes courtes, qui trottent menu dans une culotte toujours trop large.