—A trois heures.

—M. Brétigny y sera?

—Oui, oui. Il m’a promis d’y venir. Tout le conseil y sera. Au point de vue médical c’est fort curieux.

—Eh bien, dit-elle, comme je serai, moi, justement levée à ce moment-là, tu prieras M. Brétigny de me venir voir. Il me tiendra compagnie pendant que vous regarderez l’expérience.

—Oui, ma chérie.

—Tu n’oublieras pas?

—Non, non, sois tranquille.

Et il s’en alla à la recherche des spectateurs.

Après avoir été joué par les Oriol lors du premier traitement du paralytique, il avait à son tour joué de la crédulité des malades, si facile à conquérir quand il s’agit de guérison, et maintenant il se jouait à lui-même la comédie de cette cure, en parlait si souvent, avec tant d’ardeur et de conviction, qu’il lui eût été bien difficile de discerner s’il y croyait ou s’il n’y croyait pas.

Vers trois heures, toutes les personnes qu’il avait racolées se trouvaient réunies devant la porte de l’Établissement, attendant la venue du père Clovis. Il arriva, appuyé sur deux cannes, traînant toujours les jambes et saluant avec politesse tout le monde sur son passage.