—Allons, dit le père Hauser, adieu et bon courage, à l’an prochain, les amis.

Le père Hari répéta: «A l’an prochain.»

Ils s’embrassèrent. Puis Mme Hauser, à son tour, tendit ses joues; et la jeune fille en fit autant. Quand ce fut le tour d’Ulrich Kunsi, il murmura dans l’oreille de Louise: «N’oubliez point ceux d’en haut.» Elle répondit «non», si bas qu’il devina sans l’entendre.

—Allons, adieu, répéta Jean Hauser, et bonne santé.

Et, passant devant les femmes, il commença à descendre.

Ils disparurent bientôt tous les trois au premier détour du chemin.

Et les deux hommes s’en retournèrent vers l’auberge de Schwarenbach.

Ils allaient lentement, côte à côte, sans parler. C’était fini, ils resteraient seuls face à face, quatre ou cinq mois.

Puis Gaspard Hari se mit à raconter sa vie de l’autre hiver. Il était demeuré avec Michel Canol, trop âgé maintenant pour recommencer; car un accident peut arriver pendant cette longue solitude. Ils ne s’étaient pas ennuyés, d’ailleurs; le tout était d’en prendre son parti dès le premier jour; et on finissait par se créer des distractions, des jeux, beaucoup de passe-temps.

Ulrich Kunsi l’écoutait, les yeux baissés, suivant en pensée ceux qui descendaient vers le village par tous les festons de la Gemmi.