Bientôt ils aperçurent l’auberge, à peine visible, si petite, un point noir au pied de la monstrueuse vague de neige.
Quand ils ouvrirent, Sam, le gros chien frisé, se mit à gambader autour d’eux.
—Allons, fils, dit le vieux Gaspard, nous n’avons plus de femme maintenant, il faut préparer le dîner, tu vas éplucher les pommes de terre.
Et tous deux, s’asseyant sur des escabeaux de bois, commencèrent à tremper la soupe.
La matinée du lendemain sembla longue à Ulrich Kunsi. Le vieux Hari fumait et crachait dans l’âtre, tandis que le jeune homme regardait par la fenêtre l’éclatante montagne en face de la maison.
Il sortit dans l’après-midi, et refaisant le trajet de la veille, il cherchait sur le sol les traces des sabots du mulet qui avait porté les deux femmes. Puis quand il fut au col de la Gemmi, il se coucha sur le ventre au bord de l’abîme, et regarda Loëche.
Le village dans son puits de rocher n’était pas encore noyé sous la neige, bien qu’elle vînt tout près de lui, arrêtée net par les forêts de sapins qui protégeaient ses environs. Ses maisons basses ressemblaient, de là-haut, à des pavés, dans une prairie.
La petite Hauser était là, maintenant, dans une de ces demeures grises. Dans laquelle? Ulrich Kunsi se trouvait trop loin pour les distinguer séparément. Comme il aurait voulu descendre, pendant qu’il le pouvait encore!
Mais le soleil avait disparu derrière la grande cime de Wildstrubel; et le jeune homme rentra. Le père Hari fumait. En voyant revenir son compagnon, il lui proposa une partie de cartes; et ils s’assirent en face l’un de l’autre des deux côtés de la table.
Ils jouèrent longtemps, un jeu simple qu’on nomme la brisque, puis, ayant soupé, ils se couchèrent.