Alors, moi, je recommence à le supplier: «Oh! monsieur, allez-vous-en! allez-vous-en! Mon mari va rentrer! Il va rentrer dans un instant, c’est son heure! Je vous jure que vous vous trompez!»

Et il me répond tranquillement: «Allons, ma belle, assez de manières comme ça. Si ton mari rentre, je lui donnerai cent sous pour aller prendre quelque chose en face.»

Comme il aperçoit sur la cheminée la photographie de Raoul, il me demande:

—C’est ça, ton... ton mari?

—Oui, c’est lui.

—Il a l’air d’un joli mufle. Et ça, qu’est-ce que c’est? Une de tes amies?

C’était ta photographie, ma chère, tu sais celle en toilette de bal. Je ne savais plus ce que je disais, je balbutiai:

—Oui, c’est une de mes amies.

—Elle est très gentille. Tu me la feras connaître.

Et voilà la pendule qui se met à sonner cinq heures; et Raoul rentre tous les jours à cinq heures et demie! S’il revenait avant que l’autre fût parti, songe donc! Alors... alors... j’ai perdu la tête... tout à fait... j’ai pensé... j’ai pensé... que... que le mieux... était de... de... de... me débarrasser de cet homme le... le plus vite possible... Plus tôt ce serait fini... tu comprends... et... et voilà... voilà... puisqu’il le fallait... et il le fallait, ma chère... il ne serait pas parti sans ça... Donc j’ai... j’ai... j’ai mis le verrou à la porte du salon... Voilà.