—Tiens... mais soulage-la donc, toi. As-tu tâté son cœur, au moins?
Comme Pierre se penchait pour prendre son pouls, elle retira sa main d’un mouvement si brusque qu’elle heurta une chaise voisine.
—Allons, dit-il d’une voix froide, laisse-toi soigner puisque tu es malade.
Alors elle souleva et lui tendit son bras. Elle avait la peau brûlante, les battements du sang tumultueux et saccadés. Il murmura:
—En effet, c’est assez sérieux. Il faudra prendre des calmants. Je vais te faire une ordonnance.
Et comme il écrivait, courbé sur son papier, un bruit léger de soupirs pressés, de suffocation, de souffles courts et retenus, le fit se retourner soudain.
Elle pleurait, les deux mains sur la face.
Roland, éperdu, demandait:
—Louise, Louise, qu’est-ce que tu as? mais qu’est-ce que tu as donc?
Elle ne répondait pas et semblait déchirée par un chagrin horrible et profond.