Son mari voulut prendre ses mains et les ôter de son visage. Elle résista, répétant:
—Non, non, non.
Il se tourna vers son fils.
—Mais qu’est-ce qu’elle a? Je ne l’ai jamais vue ainsi.
—Ce n’est rien, dit Pierre, une petite crise de nerfs.
Et il lui semblait que son cœur à lui se soulageait à la voir ainsi torturée, que cette douleur allégeait son ressentiment, diminuait la dette d’opprobre de sa mère. Il la contemplait comme un juge satisfait de sa besogne.
Mais soudain elle se leva, se jeta vers la porte, d’un élan si brusque qu’on ne put ni le prévoir ni l’arrêter; et elle courut s’enfermer dans sa chambre.
Roland et le docteur demeurèrent face à face.
—Est-ce que tu y comprends quelque chose? dit l’un.
—Oui, répondit l’autre, cela vient d’un simple petit malaise nerveux qui se déclare souvent à l’âge de maman. Il est probable qu’elle aura encore beaucoup de crises comme celle-là.