«On peut regretter que M. de Maupassant mette dans la bouche de ses personnages quelques expressions que l’on penserait ne pas y rencontrer, et il nous semble que le récit aurait gagné quelque chose à cette épuration; mais il paraît que l’école à laquelle appartient M. Guy de Maupassant tient absolument à cette manière de dire.»
Journal des Débats, 11 février 1909 (André Heurteau).
«... Pour nous, et peut-être aussi pour beaucoup de lecteurs, l’effet produit par la lecture de Pierre et Jean, ce n’est pas seulement un malaise et une tristesse, c’est aussi une sorte de dépression morale...
«Toute une portion de l’humanité, qui ne se compose pas uniquement d’artistes et d’esthéticiens, trouve ce langage un peu rude. Elle souhaiterait qu’on lui parlât de ses souffrances, de ses infirmités et même de ses vices, sur un autre ton, avec un autre accent. Un très grand talent, une plume très habile, un style puisé aux meilleures sources de la langue, vigoureux et ferme, d’une souplesse admirable—M. de Maupassant possède tous ces dons—suffisent peut-être aux jouissances d’un dilettantisme raffiné. Certaines grossièretés voulues flattent sans doute le goût moins délicat d’un public moins restreint. D’autres lecteurs, en assez grand nombre, demandent encore autre chose qu’ils ne trouvent point dans la dernière œuvre, si remarquable, d’ailleurs, de M. de Maupassant.»
L’Événement, 19 janvier 1888 (Charles Viguier).
«Parmi les écrivains de quarante ans, ceux qu’on appelle les jeunes à succès, M. de Maupassant vaut d’être placé premier avec quelques pas d’avance. Des académiciens me l’ont dit, avec eux maints esthètes un peu râblés, et je le pense aussi. Les cent pages qui commencent Une Vie, trois ou quatre de ses nouvelles frisent le chef-d’œuvre.
«Cette qualité essentielle au romancier digne de ce nom, cette qualité majeure qui permet de créer en dehors de soi, c’est-à-dire non à la semblance de soi, des personnages doués de vie, M. de Maupassant la possède. Il excelle, sinon à restituer dans son intégrité la vie de ses personnages, du moins à offrir l’apparence de la vie. Je veux dire que l’auteur de l’histoire émouvante et simple de Pierre et Jean se préoccupe surtout de définir ses personnages par une série d’actes congrus et qu’il néglige—volontairement, je crois—d’expliquer le mobile de ces actes...»
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TABLE DES MATIÈRES. | |
| Pages. | |
| «Le Roman.» | [V] |
| Pierre et Jean. | [1] |
| Note. | [243] |
| Variantes d’après le manuscrit original. | [245] |
| Opinion de la presse sur Pierre et Jean. | [257] |
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