Un valet de pied tout en noir nous reçut et nous fit entrer dans un joli salon, sombre, meublé avec goût, où nous attendîmes quelques minutes. Elle apparut, charmante, me tendit la main, nous fit asseoir; et quand je lui eus expliqué le motif de ma visite, elle sonna.

Le valet de pied reparut.

—Voyez, dit-elle, si Mlle Isabelle peut laisser entrer dans sa chapelle.

La jeune fille apporta elle-même la réponse. Elle avait quinze ans, un air modeste et bon, toute la fraîcheur de sa jeunesse.

Elle voulait nous guider elle-même dans sa chapelle.

C’était une sorte de boudoir pieux où brûlait une lampe d’argent devant le Christ, mon Christ, couché sur un lit de velours noir. La mise en scène était charmante et fort habile.

L’enfant fit le signe de la croix, puis nous dit: «Regardez, messieurs, est-il beau?»

Je pris l’objet, je l’examinai et je le déclarai remarquable. L’étranger aussi le considéra, mais il semblait beaucoup plus occupé par les deux femmes que par le Christ.

On sentait bon dans leur logis, on sentait l’encens, les fleurs et les parfums. On s’y trouvait bien. C’était là vraiment une demeure confortable qui invitait à rester.

Quand nous fûmes rentrés dans le salon, j’abordai, avec réserve et délicatesse, la question de prix. Mme Samoris demanda, en baissant les yeux, cinquante mille francs.