Une honte le saisit quand il se vit debout, en tenue, sabre au côté, dans ce logis meublé, aux rideaux fripés, dont le canapé, marbré de taches, avait une allure suspecte, et il n’osait pas s’en aller, descendre l’escalier où il rencontrerait des gens, passer devant le concierge, et, surtout sortir dans la rue sous les yeux des passants et des voisins.
La femme répétait sans cesse: «Qu’est-ce qui te prend? As-tu perdu ta langue? Tu l’avais pourtant bien pendue hier soir! En voilà un mufle!»
Il la salua avec cérémonie, et, se décidant à la fuite, regagna son domicile à grands pas, persuadé qu’on devinait à ses manières, à sa tenue, à son visage, qu’il sortait de chez une fille.
Et le remords le tenailla, un remords harassant d’homme rigide et scrupuleux.
Il se confessa, communia; mais il demeurait mal à l’aise, poursuivi par le souvenir de sa chute et par le sentiment d’une dette, d’une dette sacrée contractée envers sa femme.
Il ne la revit qu’au bout d’un mois, car elle avait été passer chez ses parents le temps des grandes manœuvres.
Elle vint à lui les bras ouverts, le sourire aux lèvres. Il la reçut avec une attitude embarrassée de coupable; et jusqu’au soir, il s’abstint presque de lui parler.
Dès qu’ils se trouvèrent seuls, elle lui demanda:
—Qu’est-ce que vous avez donc, mon ami, je vous trouve très changé.
Il répondit d’un ton gêné: