Voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme.

Qu’ont-ils donc fait pour prouver même un peu d’intelligence, les hommes de guerre? Rien. Qu’ont-ils inventé? Des canons et des fusils. Voilà tout.

L’inventeur de la brouette n’a-t-il pas plus fait pour l’homme, par cette simple et pratique idée d’ajuster une roue à deux bâtons, que l’inventeur des fortifications modernes?

Que nous reste-t-il de la Grèce? Des livres, des marbres. Est-elle grande parce qu’elle a vaincu ou par ce qu’elle a produit?

Est-ce l’invasion des Perses qui l’a empêchée de tomber dans le plus hideux matérialisme?

Sont-ce les invasions des barbares qui ont sauvé Rome et l’ont régénérée?

Est-ce que Napoléon Ier a continué le grand mouvement intellectuel commencé par les philosophes à la fin du dernier siècle?

Eh bien, oui, puisque les gouvernements prennent ainsi le droit de mort sur les peuples, il n’y a rien d’étonnant à ce que les peuples prennent parfois le droit de mort sur les gouvernements.

Ils se défendent. Ils ont raison. Personne n’a le droit absolu de gouverner les autres. On ne le peut faire que pour le bien de ceux qu’on dirige. Quiconque gouverne a autant le devoir d’éviter la guerre qu’un capitaine de navire a celui d’éviter le naufrage.

Quand un capitaine a perdu son bâtiment, on le juge et on le condamne, s’il est reconnu coupable de négligence ou même d’incapacité.