Ce prince, pour régner seul, massacra ses alliés et ses parents, commit tous les crimes imaginables. On le regarde cependant comme un monarque civilisateur et pieux.
«Que n’étais-je là avec mes Francs?»
Nous ne saurions rien du bon roi Dagobert, si la chanson ne nous avait appris quelques particularités, sans doute erronées, de son existence.
Pépin, voulant déposséder du trône le roi Childéric, posa au pape Zacharie l’insidieuse question que voici: «Lequel des deux est le plus digne de régner, celui qui remplit dignement toutes les fonctions de roi, sans en avoir le titre, ou celui qui porte ce titre sans savoir gouverner?»
Que savons-nous de Louis VI? Rien. Pardon. Au combat de Brenneville, comme un Anglais posait la main sur lui en s’écriant: «Le roi est pris!», ce prince, vraiment Français, répondit: «Ne sais-tu pas qu’on ne prend jamais un roi, même aux échecs!»
Louis IX, bien que saint, ne nous laissa pas un seul mot à retenir. Aussi son règne nous apparaît-il comme horriblement ennuyeux, plein d’oraisons et de pénitences.
Philippe VI, ce niais battu et blessé à Crécy, alla frapper à la porte du château de l’Arbroie, en criant: «Ouvrez, c’est la fortune de la France!» Nous lui savons encore gré de cette parole de mélodrame.
Jean II, prisonnier du prince de Galles, lui dit, avec une bonne grâce chevaleresque et une galanterie de troubadour français: «Je comptais vous donner à souper aujourd’hui; mais la fortune en dispose autrement et veut que je soupe chez vous.»
On n’est pas plus gracieux dans l’adversité.
«Ce n’est pas au roi de France à venger les querelles du duc d’Orléans,» déclara Louis XII avec générosité.