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NOTE.

Sur l’Eau a paru dans Les Lettres et les Arts, livraisons des 1er février, 1er mars et 1er avril 1888. Sauf une adjonction assez importante (pages 131 à 146) les deux textes de la Revue et du livre sont identiques. Mais on y trouve, reprises et fondues dans le corps du récit, un assez grand nombre de chroniques parues dans le Gaulois et le Gil-Blas.

D’autre part, voici ce que Maupassant écrivait à M. Frédéric Masson, directeur de la Revue, qui lui réclamait son texte avec insistance: «Quant au manuscrit dont je veux faire une chose très soignée, parce qu’il est plein de pensées intimes, qu’il est mon journal, il me faut tout mon temps pour le mettre à jour et je ne pourrais en donner la première partie sans un dérangement avant le 12.»

Sur l’Eau a été publié en librairie en 1888.

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BLANC ET BLEU.

MA petite barque, ma chère petite barque, toute blanche avec un filet bleu le long du bordage, allait doucement, doucement sur la mer calme, calme, endormie, épaisse et bleue aussi, bleue d’un bleu transparent, liquide, où la lumière coulait, la lumière bleue, jusqu’aux roches du fond.

Les villas, les belles villas blanches, toutes blanches regardaient par leurs fenêtres ouvertes la Méditerranée qui venait caresser les murs de leurs jardins, de leurs beaux jardins pleins de palmiers, d’aloès, d’arbres toujours verts et de plantes toujours en fleur.

Je dis à mon matelot qui ramait doucement de s’arrêter devant la petite porte de mon ami Pol. Et je hurlai de tous mes poumons: «Pol, Pol, Pol!»