—Je n’ai eu de bonheur que par vous. Les derniers jours seuls ont été durs... Ce n’est point votre faute... Ah! ma pauvre Any... comme la vie parfois est triste... et comme il est difficile de mourir!...
—Taisez-vous, Olivier. Je vous en supplie...
Il continuait, sans l’écouter:
—J’aurais été un homme si heureux, si vous n’aviez pas eu votre fille...
—Taisez-vous... mon Dieu! Taisez-vous...
Il semblait songer, plutôt que lui parler.
—Ah! celui qui a inventé cette existence et fait les hommes a été bien aveugle, ou bien méchant...
—Olivier, je vous en supplie... Si vous m’avez jamais aimée, taisez-vous... ne parlez plus ainsi.
Il la contempla, penchée sur lui, si livide elle-même qu’elle avait l’air aussi d’une mourante, et il se tut.
Elle s’assit alors sur le fauteuil, tout contre sa couche, et reprit sa main étendue sur le drap.