La joie qui entra en lui emplit sa poitrine comme un souffle d’air. Il jeta sur la jeune fille un regard de tendresse et de gratitude et il lui sembla que toutes les admirations lui devenaient indifférentes, qu’il n’avait plus besoin de plaire aux autres.
Les entraînant...
Page 148, ligne 27, elles. A tout instant, pour diriger l’attention de la comtesse, il touchait du doigt sa main gantée et ce contact familier, répété, les rapprochait encore. Il sentait qu’elle était à lui, cette femme, qu’il disposait d’elle, de son cœur et de sa pensée, qu’elle lui appartenait aveuglément, l’aimant trop pour le juger, pour le discuter, pour ouvrir jamais les yeux, désormais, en le regardant ou en pensant à lui.
Et elle, sachant qu’il avait été préoccupé, anxieux, s’efforçait par toutes les câlineries, toutes les louanges discrètes qu’elle savait trouver, de rassurer son trouble, de lui prouver, encore une fois, qu’elle le comprenait mieux et plus que tous les autres, qu’elle ne vivait que pour lui plaire et pour lui rendre douce l’existence.
Soudain,...
Page 149, ligne 24, soleil. Des refrains de café concert voletaient de table en table, lancés par une voix d’homme et repris en chœur à l’autre bout de la galerie par des peintres et des femmes déjà étourdis par le champagne.
Un monsieur parut, cherchant une place en vain, ne trouvant rien, appelant les garçons qui ne répondaient pas. Trois fois de suite il inspecta tous les rangs à pas lents, en roulant d’une main sa moustache rousse et tordue en pointe.
Quelqu’un cria: «Tiens, l’empereur.» Peut-être, en effet, ressemblait-il à Napoléon III de visage et de démarche. Une étincelle ne fait pas plus vite sauter une mine que ce cri ne fit éclater par toutes les tables une clameur de peuple en délire. Les hommes, les femmes, tous hurlaient: «Vive l’empereur!» en tendant leurs verres au monsieur, surpris, interdit, puis gracieux et faisant le geste d’apaiser la foule pour parler.
On se tut, et il cria en levant son chapeau:
—Vive la République!