Ils écrivaient tous en même temps, sur le seuil de leur demeure éternelle, la cruelle, terrible et sainte vérité que tout le monde ignore ou feint d’ignorer sur la terre.

Je pensai qu’elle aussi avait dû la tracer sur sa tombe. Et sans peur maintenant, courant au milieu des cercueils entr’ouverts, au milieu des cadavres, au milieu des squelettes, j’allai vers elle, sûr que je la trouverais aussitôt.

Je la reconnus de loin, sans voir le visage enveloppé du suaire.

Et sur la croix de marbre où tout à l’heure j’avais lu:

«Elle aima, fut aimée, et mourut», j’aperçus:

«Étant sortie un jour pour tromper son amant, elle eut froid sous la pluie, et mourut.»

Il paraît qu’on me ramassa, inanimé, au jour levant, auprès d’une tombe.

La Morte a paru dans le Gil-Blas du mardi 31 mai 1887.

L’ENDORMEUSE.

La Seine s’étalait devant ma maison, sans une ride, et vernie par le soleil du matin. C’était une belle, large, lente, longue coulée d’argent, empourprée par places; et de l’autre côté du fleuve, de grands arbres alignés étendaient sur toute la berge une immense muraille de verdure.