—Tu es généreux, et je te suis reconnaissante.
—Mais si ta conduite n’est pas bonne, je te chasserai d’ici.
—Je ferai ce que tu exigeras de moi.
Elle prit ma main et la baisa, en signe de soumission.
Mohammed rentrait, portant un plateau avec le déjeuner. Je lui dis:
—Allouma va demeurer dans la maison. Tu étaleras des tapis dans la chambre, au bout du couloir, et tu feras venir ici pour la servir la femme d’Abd el-Kader el-Hadara.
—Oui, moussié.
Ce fut tout.
Une heure plus tard, ma belle Arabe était installée dans une grande chambre claire; et comme je venais m’assurer que tout allait bien, elle me demanda, d’un ton suppliant, de lui faire cadeau d’une armoire à glace. Je promis, puis je la laissai accroupie sur un tapis du Djebel-Amour, une cigarette à la bouche, et bavardant avec la vieille Arabe que j’avais envoyé chercher, comme si elles se connaissaient depuis des années.