Faire remarquer qu'une phrase renferme un véritable pléonasme, ce n'est pas prouver qu'elle est vicieuse. «Il y a pléonasme, dit Dumarsais, lorsqu'il y a dans la phrase quelque mot superflu; en sorte que le sens n'en seroit pas moins entendu quand ce mot ne seroit pas exprimé..... Lorsque ces mots superflus quant au sens, servent à donner au discours ou plus de grâce, ou plus de netteté, ou plus de force et d'énergie, ils font une figure approuvée.» C'est ce qui a lieu dans la phrase critiquée par M. Molard; le mot vîte ajoute une nouvelle force à la signification du verbe dépêcher. Aussi l'Académie n'a pas craint de faire un pléonasme absolument semblable, dans la phrase suivante: Dépêchez promptement ce que vous avez à faire.

XX.

Dinde..... Pour l'ordinaire les noms d'animaux, principalement ceux d'oiseaux et de poissons, ne distinguent pas les sexes..... On ne distingue les sexes qu'à l'égard des animaux qui nous intéressent, tels que cheval, jument; coq, poule; bœuf, vache; chien, chienne.


Si l'on suivoit le principe de M. Molard, on risqueroit fort de s'égarer. Il n'y a sur ce point d'autre règle que l'usage. On dit lion, lionne; tigre, tigresse, etc. En quoi ces bêtes féroces nous intéressent-elles? Lièvre n'a pas de féminin. Cet animal est-il moins intéressant pour nous que ceux que j'ai d'abord nommés? L'Académie admet le mot renarde, féminin de renard; l'Encyclopédie et quelques Grammairiens le rejettent. La question entre ces autorités se réduit-elle à savoir si l'animal dont il s'agit est intéressant?

XXI.

Donner. En jouant aux cartes..... On ne doit pas dire c'est à moi à faire; mais vous direz, c'est à moi à donner.


L'Académie ne pense pas comme M. Molard. Selon elle, «faire se dit absolument en parlant des jeux de cartes, où chacun donne les cartes à son tour. À qui est-ce à faire? c'est à vous à faire

XXII.