XVIII.

Défier. Je défie votre ami de courir aussi vîte que moi; il faut dire: Je défie à votre ami, c'est-à-dire, je fais défi à votre ami.


Je défie à votre ami, n'est pas françois, et la phrase que M. Molard censure est exacte. On verra par la suite que ce Grammairien est souvent trompé par des raisonnemens tels que celui-ci: on dit, je fais défi à; donc il faut dire défier à.

Défier, suivant l'Académie, est un verbe actif qui, dans quelque sens qu'il soit employé, veut toujours un régime simple, comme on le voit par les exemples suivans qu'elle cite: Le prince qui déclaroit la guerre, envoyoit défier l'autre par un héraut.—Il ne faut jamais défier un fou.—Je vous défie de deviner.—Je le défie d'être plus votre serviteur que moi.

XIX.

Dépêcher. Dépêchez vîte. Cette expression renferme un véritable pléonasme; le dernier mot est superflu. Dites seulement, dépêchez. Ce mot emporte avec lui l'idée de vîtesse.