Je réunis ces locutions dont M. Molard a fait deux articles séparés. On les trouve dans les anciens Dictionnaires. «Je ferai cette choses moyennant qu'il me dédommage, dit le Dictionnaire de Trévoux.»[10] On ne s'en sert plus aujourd'hui. Mais le principe d'après lequel M. Molard les condamne est absolument faux. Rien n'est plus commun que l'union du que conjonction avec une préposition. Les mots avant, dès, depuis, outre, pendant, pour, etc. sont certainement des prépositions, et cependant l'on dit avant que, dès que, depuis que, outre que, pendant que, pour que, etc.

XXXVIII.

Moi. Ne dites pas, menez moi-zi; mais dites, menez m'y.


L'Académie tient un tout autre langage. Voici comment elle s'exprime:

«La particule y, unie au pronom me, ne se met jamais après le verbe. On dira bien, vous m'y attendrez, je vous prie de m'y mener; mais on ne dira pas, attendez m'y, menez m'y

D'après cette règle, on voit que l'Académie veut qu'en ce cas on donne à la phrase un autre tour, au moyen duquel le pronom précède le verbe. Cependant quelques Grammairiens estimables proposent de dire: menez-y-moi, arrêtes-y-toi. Il faut convenir que ces manières de parler sont bien dures.

XXXIX.