L’idée lui venait que peut-être elle allait lui dire qu’après ce qui s’était passé l’avant-veille, il ne pouvait pas demeurer à Bracieux plus longtemps. Et il s’affolait en pensant que non seulement il lui faudrait quitter Bijou, mais encore être sans place pendant ces deux mois où il croyait sa vie assurée et facile.

La jeune fille le regardait, souriante et bonne. A la fin, elle répondit:

—C’est que c’est assez difficile à dire... à l’intéressé...

—Mais alors... Pierrot...

—Oh!... Pierrot, qui n’est pas, je le reconnais, un habile diplomate, aurait su tout de même s’y prendre mieux que moi pour vous annoncer...

—Pour m’annoncer?

—Que vous dînez avec nous ce soir!... la migraine, voyez-vous, c’est une excuse bonne pour les femmes... tout au plus!...

—Mais, mademoiselle... sans penser même à l’ennui... très grand pourtant... que j’aurais de n’être pas ce soir dans la même tenue que les autres... il ne serait pas convenable... pour vos invités...

—Oui... vous avez peut-être raison... ce ne serait pas convenable si vous étiez le seul pas habillé... mais il y aura M. de Clagny, dans le costume où il est venu faire une visite... alors, vous comprenez...

—Mademoiselle... M. de Clagny, que j’ai aperçu tout à l’heure à son arrivée, est un vieillard... comme tel, il peut se permettre bien des choses que moi... dans ma situation surtout... je ne...