—Quand on le voit, non!...
—Il paraît triste... préoccupé...
—On le serait à moins!... il ne fait pas à moitié les choses. Jean!... si il aime—j’entends pour tout de bon—il aimera violemment... et s’il aime violemment Bijou, ou s’il s’aperçoit qu’il va l’aimer, il n’y a là rien qui doive le réjouir... il ne peut pas—quelque envie qu’il en ait—épouser Bijou, n’est-ce pas?... non seulement il est son cousin, mais encore il n’a pas la fortune qu’il faudrait...
—Il a cinq cent mille francs environ... Bijou en a deux cents, auxquels j’en ajoute cent... ça fait trois cents... total, à eux deux, huit cent mille francs...
—Eh bien, voyez-vous Bijou avec vingt-quatre mille francs de rente?...
—Non!... je sais bien que, elle, trouverait ça très suffisant... elle fait—on dit toujours ça, mais, cette fois, c’est vrai—ses robes elle-même... elle est industrieuse et adroite... elle s’entend à merveille à tenir une maison, c’est elle qui, depuis quatre ans, dirige tout ici et à Paris... mais c’est moi qui ne pourrais pas me faire à l’idée de lui voir une existence médiocre... et elle l’aurait en plein!... Pourvu, mon Dieu! qu’elle n’aille pas se mettre à aimer Jean!...
—Oh!... je ne pense pas!...
—C’est qu’il est charmant, l’animal!... et, paraît-il, très aimé?...
—Très!... mais Bijou est si adulée, si entourée, si adorée, qu’elle n’a pas beaucoup le loisir d’aimer elle-même!...
—Et puis, elle est si enfant!...