—Tu es tellement bonne, toi!... tu ne bêches jamais personne... attention, le voilà qui emballe, le clan La Balue!...

Et, joyeux, Henry cria à demi-voix:

—Hip!... Hip!... Hurrah!!!

M. de la Balue, qui revenait du vestibule portant un lot de manteaux, le regarda avec étonnement. Et dans le hall, une petite scène de famille eut lieu.

Le bonhomme voulait absolument forcer sa femme et sa fille à s’envelopper la tête dans des tricots sordides pour éviter un refroidissement. A la fin, il céda.

Bijou, en disant au revoir à madame de Nézel, lui tendit sa petite main et lui planta si droit dans les yeux son beau regard ingénument curieux, que la jeune femme se détourna, gênée par la persistance de ce regard singulier. Il lui semblait que cette enfant avait découvert le secret de sa vie, et de cela elle souffrait atrocement. Mais la grâce de Bijou était si grande, sa puissance attractive si forte, que Madame de Nézel ne sentait au fond de son cœur que de l’affection pour la délicieuse petite créature qui lui volait inconsciemment son bonheur.

—Ouf!...—fit joyeusement Denyse en rentrant dans le salon où il ne restait plus que M. de Clagny et la famille,—il est minuit et demi, vous savez!... ils étaient vissés tous... j’ai cru qu’ils voulaient ne plus nous quitter jamais!...

—La famille de La Balue n’est pas belle!... dit l’abbé.

La jeune fille protesta:

—Mais ils ne sont pas si laids!... il faut s’y habituer... tout est là!...