Madame de Bracieux demanda:

—A-t-on prévenu Joséphine?...

—Oui, madame la marquise... Joséphine est chez mademoiselle...

Jeanne Dubuisson se levait, mais Bijou dit:

—Non... ne viens pas! quand je sens quelqu’un là, quelqu’un d’autre que Joséphine, je ne fais rien de bon!...

Au moment de sortir, elle ajouta:

—A trois heures, j’arrive avec mon chapeau... et M. Sylvestre...

Quand Bijou entra dans sa chambre, Joséphine, la vieille gouvernante qui avait élevé deux générations de Bracieux, travaillait près de la fenêtre, tandis que, dans le petit salon voisin, le musicien installait le pupitre et tirait le violon de sa boîte.

A la vue de la jeune fille, ses yeux très bleus s’éclairèrent encore, devenant infiniment pâles dans son visage coloré. C’était un garçon de vingt-huit ans, très maigre, très gauche et assez misérablement vêtu, mais dont la physionomie intéressait par on ne savait quoi de tourmenté et de sympathique.

—Comme vous avez chaud, monsieur Sylvestre!—dit Bijou qui lui tendit la main—et on ne vous a pas encore apporté à boire!...