—Mais quand ça?...
—Quand ça?... dame!... je ne sais pas au juste... bientôt, je pense...
—Alors, tu dis ça en l’air?... tu parles d’un avenir encore vague?...
Madame de Rueille répondit en souriant:
—L’avenir est toujours vague, grand’mère!...
XII
PENDANT une semaine, on ne s’occupa guère que des répétitions de la petite revue qui devait être jouée le lendemain des courses. Les La Balue, les Juzencourt et madame de Nézel vinrent à Bracieux presque chaque jour, et aussi M. de Clagny, qui s’intéressait énormément aux répétitions. Il servait de souffleur quand Giraud, qui avait accepté ce poste, était occupé, et il semblait ravi pourvu qu’il vît jouer Bijou.
«Le père Dubuisson» et M. Spiegel étaient venus dîner plusieurs fois, et Denyse, sous le prétexte de l’amener plus souvent près de sa fiancée, avait décidé le jeune professeur à apprendre un tout petit rôle, dans lequel il était exécrable. Jeanne s’en apercevait-elle?... Elle s’attristait visiblement depuis quelques jours. Son humeur toujours égale semblait varier, et son père, stupéfait de lui voir à chaque instant, sans motif apparent, des larmes plein les yeux, prétendait qu’elle «couvait sûrement une maladie».
Les Rueille n’avaient pas quitté Bracieux. Bertrade—qui sentait tout le monde contre elle—s’était résignée, abandonnant la partie et suivant docilement le mouvement mondain où on l’entraînait.
Le petit Bernès vint un soir pour inviter la marquise et ses hôtes à suivre un rallye-paper organisé par le régiment. Lui, devait faire la bête. On construisait de superbes obstacles; jamais, dans la forêt, on n’aurait couru un si beau rallye-paper.