Tout de suite, Bijou décida sa grand’mère à la laisser suivre à cheval. M. de Rueille et Jean de Blaye répondaient qu’il ne lui arriverait rien. Elle était, d’ailleurs, comme presque tous ceux qui montent bien à cheval, très prudente, ne s’exposant pas inutilement et sachant éviter les accidents.

Madame de Bracieux avait retenu Hubert de Bernès à dîner. Le soir, elle dit à Bertrade, en lui montrant Denyse qui causait avec lui:

—C’est singulier!... il me semble que Bijou n’est plus du tout la même avec ce petit bonhomme!... autrefois, elle lui accordait à peine un salut distrait; à présent, on croirait presque qu’elle «le gobe», pour parler votre langage élégant?...

Et la marquise répéta, intriguée:

—Elle a tout à fait changé sa façon d’être avec lui!...

Madame de Rueille répondit:

—Lui aussi, il a changé sa façon d’être avec elle!...

—N’est-ce pas?... les premières fois qu’il est venu à Bracieux, j’ai été frappée de sa froideur pour cet amour d’enfant que tout le monde adore... il était avec elle simplement poli...

—Aujourd’hui il n’est pas encore très emballé, mais il y a un progrès considérable... il se prépare à suivre le sentier battu par les autres...

La marquise demanda, en regardant madame de Rueille: