La marquise regarda sa petite-fille, et pensa que décidément, même avec un cœur exquis, la jeunesse est sans pitié.
L’entrée de Bijou au bal des Tourville fut un véritable triomphe. Elle était, dans cette robe de crêpe rose qui se confondait avec sa peau, infiniment jolie et rare.
—Regardez donc la petite Dubuisson,—dit Louis de La Balue à M. de Juzencourt,—elle a cherché à ressembler à mademoiselle de Courtaix... elle a exactement copié sa toilette... et voyez de quoi elle a l’air?... de sa femme de chambre... tout au plus... à quoi ça tient-il?...
M. de Juzencourt répondit avec un rire épais:
—C’est que, si le contenant est pareil, le contenu ne l’est pas!... Est-ce qu’elle ne se marie pas, la petite Dubuisson?...
—Si... elle épouse un jeune huguenot qui doit être quelque part dans quelque coin... Ah!... non... il n’est pas dans un coin... le voilà qui papillonne comme les autres autour de «Bijou»...
Juzencourt demanda:
—Et vous?... vous ne papillonnez pas?...
—Moi?... j’épouserais bien, moi!... parce que il faut un jour ou l’autre se marier... sans ça, les parents crient... à cause du nom, vous savez?... mais papillonner?... ah! ma foi non!... ça ne me chante pas!...
Et, d’un pas traînant, il se dirigea vers Henry de Bracieux, auquel il dit, la voix et le regard voilés: