Un soir, où il était venu faire une visite, il dit à M. de Bray :

— Je vous prierai de me mener… si cela est possible… au bal au château de Barfleur…

La marquise bondit :

— Au bal… à quel bal?…

— Un bal qui sera probablement donné le dimanche des courses… ce soir, en dînant au restaurant, j'en ai entendu parler… ce n'est pas encore certain, mais…

— Mais — s'écria impétueusement madame de Bray — il ne peut pas y avoir de bal chez les Barfleur, ce jour-là… puisque nous en donnons un, nous!…

Jamais il n'avait été question de bal. Le marquis et Chiffon se regardèrent, abasourdis de cet aplomb, mais madame de Bray ne fut pas le moins du monde gênée par leur présence. Elle continua, s'adressant à son mari :

— N'est-ce pas… depuis longtemps nous avons choisi ce jour-là… on ne peut pas nous le prendre?…

Et, le lendemain, elle envoyait les invitations. Du moins, en donnant elle-même le bal qui devait disséminer un peu la petite Altesse, elle aurait l'honneur de montrer qu'elle l'avait connue «avant tout le monde».