— Allons!… vite!… conduis-moi chez tante Mathilde!…

— Mais, mademoiselle, vous n'y pensez pas!… y a du monde à dîner… c'est moi que j'dois aller à la porte… et on va arriver…

— Tu as bien le temps!… tu seras tout de suite revenu… nous allons courir…

— Ah! nous allons courir!… — murmura le vieux cocher — par une chaleur pareille… ça va être gentil d'courir!…

Il achevait d'entrer ses gants, en enfonçant ses doigts écartés les uns entre les autres, d'un mouvement gauche et régulier. Coryse le prit par le bras et le secoua brusquement :

— Allons!… dépêche-toi!… tu vas me faire pincer!…

Le bonhomme resta les doigts ouverts en rayons, et demanda, l'air ahuri :

— Pincer?… vous avez donc pas la permission?…

— Je l'ai sans l'avoir… allons, viens!…

— J'parie qu'c'est pas vrai… qu'vous n'l'avez pas?…