— Un grand roi!… — fit Coryse suffoquée — un grand roi?… cette baudruche!… au fait, ça vous est bien égal, s'pas?… vous vous en souciez comme d'une guigne, au fond, de Louis XVIII?… vous défendez le roi comme vous allez à la messe… c'est affaire de chic, et comme vous trouvez que c'est pas chic d'être impérialiste… vu que les impérialistes c'est tous des pannés et des crânes… alors…

— Merci pour les impérialistes… mademoiselle Coryse!… — fit le duc d'Aubières, qui s'inclina en riant.

Madame de Bray s'élança vers Chiffon et, menaçante, elle lui dit tout bas :

— Tais-toi!… tu es absolument ridicule!…

La petite répondit avec sincérité :

— Ça ne m'étonne pas!… mais pourquoi s'amuse-t-on à me chiner mon Empereur?… et puis… c'est toi qui m'as dit de parler… de dire n'importe quoi… mais de parler…

Très inquiète de voir son rejeton s'embarquer dans une autre conversation, madame de Barfleur proposa, s'asseyant au piano :

— Il y a trois danseuses… si la jeunesse faisait un tour de valse?…

D'un même élan, le beau Trêne, M. de Bernay et le comte de Liron se précipitèrent vers Chiffon. Mais le petit Barfleur, plus rapproché qu'eux, se saisit rapidement de la jeune fille.

En se sentant prendre ainsi par la taille, Coryse cambra son corps souple et dit, se raidissant en arrière :