La venue de ce petit bonhomme, plus jeune et guère plus beau que lui, diminuait considérablement son prestige.
Quand l'orchestre préluda, Deux liards de beurre voulut s'élancer vers Coryse, mais il arriva devant elle à l'instant même où elle filait, entraînée par le comte d'Axen. Il constata avec découragement que le prince valsait à trois temps merveilleusement, comme seuls les gens de son pays savent valser.
Et non seulement il aurait ce soir le succès de situation, de curiosité, d'étiquette, auquel il avait droit, mais encore il aurait un succès d'homme également mérité. De cela, le petit Barfleur ne se consolait point.
Il courut à madame de Liron qui arrivait, suivie de son mari et de son beau-frère, — délicieuse et éclatante dans la robe rose entrevue chez la couturière, — et lui demanda «cette valse»…
Mais la petite de Liron désirait avant tout se faire voir au comte d'Axen «dans son bon jour», et elle savait que les petits hommes ne font pas valoir les femmes qui dansent avec eux. Elle répondit, un peu agacée de cet empressement intempestif :
— Mais… tout à l'heure!… j'arrive… laissez-moi respirer!…
Puis, s'adressant au marquis :
— Alors… c'est sérieux?… votre ours de frère n'est pas là?…
— Tout ce qu'il y a de plus sérieux!…
— Et il ne paraîtra pas?…