[3]

Dâ mac Partholain cen acht
Is iat dorigni in comarc;
Fer is Fergnia co meit n-gal
Anmanda in dâ brâthar.
Ancient laws of Ireland, t. I, p. 154.

Ce quatrain ne peut être ancien: le nominatif neutre anmanda, qui a trois syllabes, aurait été, en vieil irlandais anmann, de deux syllabes seulement. Si l'on restituait cette forme, le vers serait faux. La légende de Fer et de Fergnia paraît postérieure à la rédaction du Lebar Gabala, qui donne les noms des fils de Partholon, Livre de Leinster, p. 5, col. I, lignes 12–14, et qui ne parle ni de Fer ni de Fergnia. Leur légende peut avoir été inventée pour expliquer le passage du Senchus Môr dans la glose duquel nous la trouvons.

[4]

Fer ocus Fergnia na fir,
Is-ed innisit na sin;
Ain ocus Iain, do-certas sloig,
Da prim-ingin Parthaloin.
Ancient laws of Ireland, t. I, p. 154.


§ 6.
Fin de la race de Partholon.

L'histoire de la race de Partholon se termine par un événement redoutable: en une semaine, les descendants de Partholon, alors au nombre de cinq mille, mille hommes et quatre mille femmes, moururent d'une maladie épidémique qui commença un lundi et se termina le dimanche suivant: de tant de personnes, un seul homme restait en vie. Le lieu où la mort frappa ces malheureux fut la plaine de Senmag, la seule qu'ils eussent trouvée à leur arrivée en Irlande[1]. Suivant le Glossaire de Cormac, ils avaient eu la sage prévoyance de se réunir dans cette plaine afin que les morts fussent, au fur et à mesure de leur décès, plus facilement enterrés par les survivants[2]. La fin terrible de la race de Partholon fut, dit-on, causée par la vengeance divine. Si Partholon avait quitté sa patrie pour habiter l'Irlande, ce n'était pas volontairement: c'était en exécution d'une sentence qui l'avait condamné à l'exil[3], et cette sentence était juste; Partholon était coupable d'un double parricide: il avait tué son père et sa mère. Son bannissement ne fut pas une peine suffisante pour expier son crime. Pour satisfaire la vengeance divine, il fallut la destruction de sa race entière[4]. Ainsi, dans la légende homérique, les enfants de Niobé périssent jusqu'au dernier sous les traits que leur lancent Apollon et Artémis irrités parce que Niobé a insulté Latone[5]. Chez Hésiode, la race d'argent, identique à celle de Partholon, est détruite par la colère de Zeus[6].

[1] C'est la version du Lebar gabala, livre de Leinster, p. 5, col. 1, lignes 39–44. Suivant Eochaid Ua Flainn, cet événement serait arrivé dans la plaine de Breg. Livre de Leinster, p. 6, col. 1, ligne 5. Sur cet événement, voir Girauld de Cambrie, Topographia hibernica, III, 2, p. 42; et le passage de Nennius cité plus haut, [p. 26].