[2] «Fôbîth an-adnacail i-sna-muigib-sin o-nafib nad beired in-duineba,» «à cause de leur sépulture dans ces plaines-là par ceux que n'emporterait pas l'épidémie.» Glossaire de Cormac chez Whitley Stokes, Three irish glossaries, p. 45.
[3] «Doluid for longais [Partholon],» Scêl Tûain maic Cairill, dans le Leabhar na hUidhre, p. 15, col. 2, ligne 22.
[4] Le Leabhar Breathnach, dans le livre de Lecan, manuscrit du quinzième siècle, après avoir rapporté la mort de la race de Partholon, ajoute ces mots: «a n-digail na fingaili do roindi for a hathair agus for a mathair.» Todd, The irish version of the historia Britonum of Nennius, p. 42.
[5] Iliade, XXIV, 602–612.
[6] Les Travaux et les Jours, vers 136–139.
§ 7.
La chronologie et la légende de Partholon.
On compléta cette légende en introduisant dans le récit des éléments chronologiques étrangers à la rédaction primitive et en donnant à Partholon des ancêtres qui le rattachent aux généalogies bibliques. La leçon la plus ancienne ne contenait aucune mention d'année: les jours seuls y étaient indiqués. Partholon était arrivé en Irlande le 1er mai[1]. Le 1er mai est le jour de la fête de Belténé ou du dieu de la mort, premier ancêtre du genre humain. Dans la plus ancienne tradition, c'est de lui que Partholon est fils. Il arrive en ce monde le jour spécialement consacré à son père.
Cette indication chronologique concorde avec la principale indication géographique contenue dans sa légende. Quand il arriva en Irlande, ce fut à Inber Scêné qu'il débarqua[2]. Inber Scêné est aujourd'hui la rivière de Kenmare, dans le comté de Kerry, c'est-à-dire à la pointe sud-ouest de l'Irlande, vis-à-vis de la contrée mystérieuse où, au delà de l'Océan, le Celte défunt trouvait une nouvelle vie et où régnait son premier ancêtre.
Débarquée en Irlande le jour de la fête du dieu des morts, la race de Partholon avait plus tard, au retour de la même fête, été frappée du coup fatal: la semaine terrible où une maladie épidémique avait détruit cette race avait commencé le 1er mai[3], et sept jours avaient suffi au fléau pour achever son œuvre. Après avoir débuté le lundi dans cette œuvre funèbre, l'épidémie s'était arrêtée le dimanche suivant, lorsque des cinq mille personnes qui alors habitaient l'Irlande une seule était encore en vie.