Ceci explique pourquoi l'auteur inconnu qui, vers le milieu du douzième siècle, a composé les annales irlandaises intitulées Chronicum Scotorum a écrit, dès la première page de son ouvrage, qu'en l'an du monde 1599 arriva en Hibernie une fille des Grecs qui s'appelait Eriu, Banba ou Cesar[7]. Mais, ajoute-t-il, les anciens historiens d'Irlande ne parlent point d'elle[8]. On voit qu'il avait sous les yeux des sources identiques ou analogues à celles où Nennius avait puisé: des auteurs antérieurs à Eochaid ûa Flainn et chez lesquels l'histoire d'Irlande commençait avec Partholon.
[1] «Primus autem venit Partholonus» Appendix ad opera edita ab Angelo Mario, Romæ, 1871, p. 98. Le traducteur irlandais de Nennius entend ce passage comme nous: «Ceid fear do gab Eirind i. Parrtalon.» «Le premier homme qui occupa l'Irlande, c'est-à-dire Parrtalon.» Todd, The irish version of the Historia Britonum of Nennius, p. 42.
[2] Les mots ni-r-gabad rîan dîlind, «elle ne fut pas occupée avant le déluge,» ont été passés par le copiste auquel nous devons le texte de cette légende conservé par le Leabhar na hUidhre, p. 15, col. 2; mais on les trouve dans le manuscrit de la bibliothèque bodleienne d'Oxford coté Laud 610, folio 102 verso, col. 1, et dans le manuscrit du Collège de la Trinité de Dublin coté H. 3. 18, p. 38, col. 1.
[3] «Ni ro gab nech tra do sîl Adaim Erind rîan dîlind.» Livre de Leinster, p. 5, col. 1, ligne 4.
[4] «Ro-s-gab iarum Cessair, ingen Betha maic Noe, ut prædiximus, cethorcha laa rian dilind.» Livre de Leinster, p. 4, col. 2, lignes 27 et 28. Le renvoi ut prædiximus se rapporte à la même page, col. 1, ligne 50: «Rogab em Cessair ingen Betha maic Noe cethorcha la rian dilind.» Ces derniers mots font partie de la préface du Lebar Gabala ou «Livre des conquêtes,» tandis que la première citation est extraite du texte même du Lebar Gabala.
[5] Livre de Leinster, p. 5, col. 2, lignes 6 et suiv.
[6] Livre de Ballymote, folio 12 A, cité par O'Curry, Lectures on the manuscript materials, p. 13; Keating, Histoire d'Irlande, édition de 1811, p. 148. Cin dromma snechta veut dire: «Cahier de parchemin au dos de neige,» c'est-à-dire couvert d'une peau blanche.
[7] Hennessy, Chronicum Scotorum, p. 2. L'édition écrit Berba pour Banba. Elle reproduit exactement la leçon du manuscrit qui lui sert de base; mais cette leçon est défectueuse.
[8] «Hoc non narrant antiquarii Scotorum.» Ibid.