—Oh! comment vous remercier, monsieur?... s'exclama le domestique avec un soupir partant du coeur.
—J'y suis bien obligé; tu es incapable de faire convenablement ton service, dès que la nacelle est à trente centimètres du sol. Et tu arbores alors une face couleur crème à la vanille qui m'empêche de manger à ma faim.
Le valet de chambre ne répondit pas, mais son visage refléta une joie intense de ne plus compter désormais parmi l'équipage du Réviliod n° 1.
—Tu vas par conséquent te rendre au château et te charger de la valise des passagers qui vont te remplacer...
—J'y cours, monsieur...
—Ecoute-moi donc, avant de t'enfuir comme un zèbre!... rugit le Petit Biscuitier. Tu apporteras en même temps les provisions pour le déjeuner. C'est important, cela, car je ne veux pas transformer le ballon en un nouveau radeau de la Méduse et obliger ses voyageurs à se dévorer les uns les autres, faute de vivres suffisants. Tu as compris?...
—Certainement. Les ordres de Monsieur seront exécutés.
—Bon! Et quand nous serons partis, tu pourras accompagner Tiburce et rentrer à Paris. Je préfère me passer désormais de ta société.
—Monsieur est bien bon.
—Quant à moi, je vais chercher nos passagers et les embarquer de gré ou de force. Je veux qu'ils apprécient en connaissance de cause les charmes de la navigation aérienne.