—Où allons-nous, président? interrogea Médrival au moment de reprendre sa place de pilote à bord de son minuscule monoplan.

—Nous allons suivre les vallées pour atteindre Valleraugues au pied de l'Aigoual, puis, de là, Alais dans le Gard, Uzès et Avignon, soit une centaine de kilomètres environ. Ce soir nous serons à Marseille.

Cette fois, le sportsman devait se tromper dans ses prévisions. En arrivant au-dessus d'Uzès, le vent qui était déjà fort en arrivant à Alais, devint une véritable tempête, et les aéros, emportés par le mistral, furent entraînés, malgré les efforts de leurs pilotes, dans un vol d'ouragan vers la plaine désolée et sans fin de la Crau—et vers la Méditerranée!

CHAPITRE XXI

A TRAVERS LA FRANCE EN DIRIGEABLE

OU L'ON RETROUVE DES FIGURES DE CONNAISSANCE.—CHARLOT RETROUVE UNE PLACE.—EN ROUTE POUR L'EST.—METZ.—POURSUIVIS PAR LE «ZEPPELIN».—EXCELSIOR!—NANCY.—UN PASSAGER DE MARQUE.—UNE NUIT A BESANÇON.—LYON VU A VOL D'OISEAU.—LE MISTRAL.—L'AÉRONAT DÉSEMPARÉ.—LE TRAINAGE

—Ainsi, M. Neffodor, nous n'avons plus de mécanicien!...

—Hélas! non, monsieur Réviliod, Gellinier a remis sa démission à M. Fruscou, et il ne doit plus revenir au parc.

—Prenez un autre aide, alors! Je vous ai prévenu que je me préparais à une excursion à grande distance et c'est juste au moment où je viens vous dire d'appareiller que vous m'apprenez que votre second vous lâche!

L'aéronaute leva les bras au ciel avec un geste muet de désolation. Le Petit Biscuitier, nerveux, le sourcil froncé, fit encore quelques pas en mâchonnant de sourdes paroles, puis il revint se planter devant le capitaine de son aéronat.