—Voyons, dit-il, ce n'est pas tout que de geindre comme un boulanger retournant sa pâte, il faut prendre un parti. Il y a bien un ouvrier de Fruscou capable de remplacer le mécanicien qui nous fait faux bond.

—Je ne crois pas, monsieur Réviliod. Avec tous ces accidents de dirigeables, on ne trouve plus facilement un mécano qui veuille abandonner le plancher des... terriens. Ils trouvent tous qu'il y a trop de risques.

A ce moment, la petite porte donnant accès au hangar à l'intérieur duquel l'aéronat le Réviliod n° 1 était gonflé, prêt à reprendre l'air, depuis son retour de Trouville s'entr'ouvrit, et la tête du père Boudain, le gardien de l'aérodrome d'Ecancourt, s'encadra dans cette ouverture.

—Qu'est-ce que c'est encore?... interrogea le sportsman.

—Excusez-moi de vous déranger, monsieur, répondit le gardien, sa casquette à la main, mais il y a à la porte un individu qui insiste comme le diable pour vous parler.

—Vous savez bien, père Boudain, que je ne veux voir personne ici! Aucun étranger ne doit pénétrer dans le parc.

—C'est pourquoi j'ai laissé l'homme à la porte, malgré ses gesticulations. Je connais la consigne, monsieur Réviliod. Je vais donc lui intimer l'ordre de s'en aller, et plus vite que cela, d'autant plus qu'il n'a pas une dégaine qui me revient ce citoyen-là, avec son dos tout tortueux et ses oreilles en plats à barbe.

En entendant ces derniers mots, l'aéro-yachtman tressaillit et songea à une figure connue.

—A-t-il dit son nom? demanda-t-il brièvement.

—Oui, monsieur. Tiburce, le chauffeur, a l'air de le connaître aussi. C'est un mécanicien qui s'appelle Bader.