—Vous y avez des prisonniers? fit Catherine.

—Un seul. C'est celui qui a tenté cette fameuse évasion... Si vous souhaitez de le voir.

—Oh! j'irais, volontiers, faire un tour sur le Grand Donjon, s'écria Constance. On y jouit d'une vue admirable!

—Va, mon enfant. Mais moi je t'attendrai en bas, je suis lasse. Manon restera avec moi. Ses jambes ne lui permettraient pas non plus une pareille ascension.

—Alors, dit gaiement Constance, je porterai moi-même à ce pauvre prisonnier le reste de nos provisions!

Elle prit le panier et suivit le gardien, qui déjà gravissait l'escalier en spirale du Grand Donjon. Ils montèrent, montèrent, traversèrent de vastes salles, hérissées d'armes blanches, d'arquebuses et de canons. L'escalier, de spacieux et commode qu'il était à son point de départ, se rétrécit. Il devint sombre, presque noir, malaisé. Une seule personne y pouvait circuler. Le porte-clefs allait le premier, Constance, oppressée, haletante, venait péniblement derrière lui. On ne voyait même pas pour se conduire dans cet affreux dédale.

Le geôlier s'arrêta. Il ouvrit une double porte, dans un embrasement assez profond; et, se retirant sur une marche supérieure, pour faire place à Constance:

—Mademoiselle, c'est là qu'est notre prisonnier! dit-il en montrant un trou, long de six pieds, large de quatre, qu'éclairait un autre trou de six pouces carrés[29].

Note 29: [(retour) ]

Ces cachots existent encore dans le donjon du château de Saint-Malo.

—Ah! mon Dieu! s'exclama Constance épouvantée...