Et Maharite tourna vers Constance sa face, dont la flamme jaillissante du foyer faisait, pour ainsi dire, flamboyer les abominables laideurs.
A cet aspect, la jeune fille se serra, en tremblant, au fond du lit.
—Ah! je te fais peur! je te fais peur, petite mijaurée, poursuivit la sorcière, avec des inflexions tour à tour railleuses et sinistres; je suis donc bien horrible! bien décidément horrible! Moi aussi j'ai été belle, pourtant, belle comme toi, plus que toi. Et toi aussi tu deviendras horrible, plus horrible que moi! Ah! je te vois pâlir, puis verdir comme la mousse qui tapisse ces rochers!
Ah! sur ton corps si frais, si parfumé, je vois grouiller des millions et des millions de vers gluants...
—Tais-toi! maudite! oh! tais-toi! ordonna Constance, sautant à terre.
—Pouah! continua la sorcière, avec un geste de dégoût, je sens l'odeur, rôdeur exécrable de tes chairs qui tombent en pourriture....
—Misérable! proféra la jeune fille, faisant un bond pour s'enfuir de la caverne.
Mais Maharite la retint par le pan de sa jupe.
—Arrête! mignonne! arrête! Entends-tu comme la mer gronde, comme le vent se lamente au dehors?... Où irais-tu? Non, ruste, reste ici. Je veux te faire belle, moi; plus belle que tu n'as jamais été, que tu ne seras jamais!
En prononçant ces paroles Maharite traînait la pauvre enfant effarée dans un couloir, dont elle éclaira les profondeurs avec une torche de résine.