—Il a envoyé deux officiers. Il veut vous parler sur-le-champ. Son vaisseau appareille pour une expédition.
Harriet sauta à bas du lit.
—Donnez-moi une robe de chambre et habillez-moi lestement, dit-elle.
Sa toilette du matin terminée, madame Stevenson passa dans le parloir, où elle trouva effectivement deux enseignes de la marine anglaise, qui lui répétèrent que son mari désirait avoir un entretien avec elle, avant de partir en croisière contre les pirates qui infestaient le golfe.
—Le vaisseau-amiral est à un mille du port seulement, dirent-ils.
Ce message n'avait rien d'extraordinaire. Plusieurs fois déjà, sir Henry avait ainsi mandé sa femme. L'heure n'était même pas indue, puisque probablement, on profitait d'un vent favorable pour mettre à la voile. Madame Stevenson pria les enseignes d'attendre un moment. Elle rentra dans sa chambre, se vêtit chaudement et commanda à Kate de l'accompagner.
Cet ordre ne parut pas faire plaisir aux officiers; mais ils se contentèrent d'exprimer leur contrariété par un regard d'intelligence qui échappa aux deux femmes.
On se mit en route. Il était cinq heures du matin.
Dans le port, au pied du quai du Marché, se balançait une chaloupe, conduite par six vigoureux rameurs, portant, comme les enseignes, l'uniforme de la marine royale.
Le pavillon amiral flottait à bord de la chaloupe qui partit aussitôt après avoir reçu ses passagers.