C'était un homme audacieux, mais éclairé, et sage autant que progressiste.

Bertrand et Emmeline reçurent une éducation excellente et une instruction aussi bonne qu'on se la pouvait alors procurer dans les colonies de l'Amérique septentrionale.

On leur apprit l'anglais, le français, un peu de dessin, un peu de musique, l'histoire et les mathématiques.

Bertrand témoignait du goût pour la marine. A quinze ans, on l'envoya à l'école navale en Angleterre. Il revint, au bout de trois années, avec le grade d'enseigne.

Monsieur du Sault demanda et obtînt qu'il fût placé sur un des navires de la station d'Halifax.

De la sorte, le jeune midshipman demeura près des siens, à la grande joie d'Emmeline, que son absence avait plongée dans une mélancolie profonde.

Le service n'est point pénible dans les colonies.

Riche et influent par son père, Bertrand était à peu près le maître de ses actions. Il ne montait guère à bord que pour les revues extraordinaires, et passait tout son temps avec sa soeur.

La journée, ils lisaient ou faisaient de longues promenades, soit à cheval, soit en canot, soit même à pied; quelques visites et quelques réceptions occupaient leurs soirées.

Ils voyaient peu de monde, mais des personnes choisies ou du moins qui semblaient l'être.