Il avait lancé son épée contre cet homme. Un cri affreux avait déchiré ses oreilles à travers le fracas de la bataille; un nuage sanglant avait glissé sur ses yeux; et plus rien… le fil de ses souvenirs était rompu.

Ce fil, il cherchait à le renouer, quand le major Guérin entra dans la chambre.

Il s'approcha du malade, lui tâta le pouls.

—Ah! ah! fit-il, nous allons mieux, febris se remittit; febris se remittit!

Prenant une chaise, il s'assit sans façon à côté du jeune homme.

Le major Guérin portait, ce jour-là, un costume de chirurgien de marine, mais sans désignation de corps. Une ancre seulement était brodée à sa casquette, ciselée sur les boutons de son uniforme.

En l'entendant parler français Bertrand s'imagina que c'était un officier français.

Cette supposition le rassura.

—Pourriez-vous me dire où je suis, monsieur? demanda-t-il.

—Je ne puis, mon jeune ami, non possum.